chanson tendre
(francis carco / jacques larmanjat)

comme aux beaux jours de nos vingt ans par ce clair matin de printemps
j'ai voulu revoir tout là-bas l'auberge au milieu des lilas
on entendait sous les branches les oiseaux chanter dimanche
et ta chaste robe blanche paraissait guider mes pas
tout avait l'air à sa place même ton nom dans la glace
juste à la place où s'efface quoi qu'on fasse toute trace
et je croyais presque entendre ta voix tendre murmurer
viens plus près

j'étais ému comme autrefois dans cette auberge au fond des bois
j'avais des larmes dans les yeux et je trouvais ça merveilleux
durant toute la journée après tant et tant d'années
dans la chambre abandonnée je nous suis revus tous deux
mais rien n'était à sa place je suis resté tête basse
à me faire dans la glace face à face la grimace
et puis j'ai poussé la porte que m'importe eh nini
c'est fini

pourtant quand descendit le soir je suis allé tout seul m'asseoir
sur ce banc de bois vermoulu où tu ne revins jamais plus
tu me paraissais plus belle plus charmante et plus cruelle
qu'aucune de toutes celles pour qui mon cœur a battu
et je rentrai l'âme lasse chercher ton nom dans la glace
juste à la place où s'efface quoi qu'on fasse toute trace
mais avec un pauvre rire j'ai cru lire après tout
on s'en fout

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