je veux savoir si il veut
rester libre, s’envoler
ou boire dans un bassin doré
alors je m’en vais à fouiller
aux sombres cours les traboules
aux arrières salles des cafés
escaliers, pentes, ruelles
où rarement passe ni jour
ni les flâneurs des beaux quartiers
il m’a perdu …
dans le pli des nuits d’infortune
au rendez-vous des offensés
et de quelques oiseaux frileux
aux terrasses de la croix-rousse
les malandrins et les artistes
forgent des projets d’avenir
dans les sombres jardins des villes
où rien ne croît de défini
que les beaux enfants qui s’amusent
il m’a perdu …
jungles urbaines et singulières
de part et d’autre voie ferrée
entre luisant rail et clôture
jaillit un paysage clair
où je regarde sans les voir
défiler mes anciennes hâtes
qui me ramènent auprès de toi
de ton odeur de ton silence
les mèches claires devant tes yeux
il m’a perdu …
ton regard tendre, nécessaire
les mots qui sans toi ne se disent
les gestes lents de tes deux mains
qui me rassurent et qui m’amusent
me font oublier l’essentiel
de ces matins tant redoutés
ton front et tes joues roses
mes lèvres sèches et pourtant
quelques mots articulés
la chaleur monte, hâtons-nous
rentrons avant l’heure du sommeil
retournons vite à la maison
il m’a perdu …
et ma détresse anachronique
cède devant ton sourire
pour s’y perdre une fois encore
il m’a perdu …