avant toi j'étais de sable
des doigts impatients
dessinaient sur mes flancs
des vaisseaux formidables
mais leurs voiles à jamais
demeuraient sourdes au vent
ton rire a désarmé
la cruauté des clowns
sur le papier glacé
tes larmes sont rosée
dérobée à la lune
par un fil d'araignée
avant toi j'étais d'eau tiède
cette vague à rebours
appelée mascaret
quand le fleuve a des regrets
et qu'il craint de se perdre
pour un baiser salé
un jour tu mettras
le soleil dans ta poche
ton mouchoir par dessus
ton ombre aura grandi
trop vaste pour mes bras
trop haute pour mon toit
ma porte sera fermée
la nuit fera son nid
dans le pli des rideaux
mes lendemains auront l'allure
de ces vieilles qui parlent
aux chats et aux oiseaux